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logo : le moulin de marnay

 

Le moulin de Marnay

 


Puce Le Moulin de Marnay fait partie d'un groupe de quatre moulins situés sur le Ternin (appelée Torondam au moyen âge, Tavernay en 1659 mais aussi Tarenne, Terrene ou Taraine ) en aval du bourg d'Alligny-en-Morvan.

Existent encore :

* le Moulin de l'Etang-Neuf en cours de rénovation depuis 2002. Il a gardé sa roue en bois mais dont l'huilerie est en ruine

* le Moulin de Jarles qui a été totalement rénové dans les années 1990.

* le Moulin des Chaumes transformée en résidence secondaire : Un second moulin de la Chaume existe sur Fétigny.

* le Moulin de Marnay parfaitement visible de la route. Dernier bâtiment de la vallée.

Il existait deux petits moulins sur le finage de Goix.

Le moulin abritant la partie mécanique sur trois niveaux permettant les opérations de meunerie par gravité.

Le logis du meunier : Trois pièces et une cuisine

Un grenier ventilé par des petites ouvertures horizontales est accessible du moulin

Des dépendances : Grange et écurie et poulailler

Les constructions sont en granite. Charpente, plancher et menuiserie en bois. La couverture à deux pentes en ardoise d'Anger présente des motifs significatifs : losange et ronds.

La façade du moulin a été recouverte d'un enduit décoratif relativement récent dans le but de valoriser cette façade "commerciale"

Un bief crée vers 1840 alimente le moulin par l'arrière alors que le Ternin passe devant les bâtiments.

Par sa situation géographique, le Moulin a appartenu successivement à  l'Archevêché d'Autun,  à  la province de Bourgogne, au département de la Nièvre.

Un chemin rural rejoint Chassagne par la montagne.

Le moulin est a l'heure actuelle en bon état de conservation.



Puce Historique

Le Moulin de Marnay est très ancien puisque la première date d'occupation du site est mentionné en octobre 1260.

"Alexandre et Jehan d'Aligny reconnaissent tenir de fief de Girard, évêque d'Autun, terres, forêt, villages et l'étang dont :  la moitie de lestang de Marnay et des molins dou dit ètang"

Source Abbé Brunneau

Jean-François BAUDIAU, curé de Dun-les-Places dans Le Morvand ou essai géographique, topographique et historique sur cette contrée, écrit en 1867.

"La baronnie appartenait, au douzième siècle,  a une très noble maison de ce nom. Hugues d'Aligny, de Aligneio, partit pour la Palestine en 1147, et fonda à son retour, un hôpital rural , dont le souvenir revit dans le nom de l'Etang-de-La-Maladière. Arnould, Alexandre et Jean, ses petits-fils, reprirent de fief, au mois d'octobre 1260, de Girard, évêque d'Autun, pour la maison-forte d'Alligny et ses dépendances, pour les terres et villages d'Outre-Taronne , du Reu, Prescepant, La Crémaine, Jarnoy, Marnay, Reglois, Pensière, Chassagne, pour moitié Chaumien , Le Vault de Chissey, Gouloux, en partie, Saint-Léger, aussi en partie, le grand étang , sis au-dessous du Moutier-d'Aligny, le moulin et l'étang de Marnay ."

Le Moulin de Jarles, bâti en 1284 initialement au pied de Lambruère sur le ruisseau qui coule de Jarnoy et l'Étang-Neuf, fut incendié au début du XVIII siècle. C'est le conte d'Alligny, Pierre Carré qui le fit rebâti en la place actuelle. La maison d'habitation est près de la route. Le moulin tourne encore après la deuxième guerre mondiale avec deux paires de meules.

Source: Les Moulins d'Alligny-en-Morvan n 23, P Landry, Noëlle Renault

Le  moulin de Jarles est rénové entièrement en 1990.


La période moderne livre peu d'information sur le Moulin de Marnay.

Jean-François BAUDIAU dans Le Morvand (1867) poursuit .

" Le hameau de Reglois et celui de Marnay, son voisin, formaient autrefois une seigneurie, en toute justice, dans la mouvance du comté de Saulieu. Guillaume Lombard, bourgeois d'Autun, sieur de Chaumien, en reprit de fief de l'évêque, en 1356. On voit par l'acte d'aveu qu'il jouissait du droit de chasse, de mesure, de pèche dans les eaux du Tarnin et que sa justice s'étendait le long de cette rivière, depuis la vieille levée de l'étang d'Aligny, vers le soleil levant, jusqu'aux près de Goix "

Au-dessus du hameau de Marnay sur le monticule nommé "Chambard" (515 m) se dressait le premier château de Regloix incendié en 1438 qui n'a pas : été reconstruit. Le moulin de Marnay situé en contrebas devait constitué un élément important pour l'économie locale.

Au cours de cette période, la seigneurie de Reglois est bornée au nord par la montagne qui ferme la vallée d'Alligny (les rochers des Quartiers)  l'ouest par le Ternin, à l 'est par le grand chemin de Saulieu à Autun, au midi jusqu'á Goix.

Le terrier de la Seignerie de Reglois dressé en 1535 pour le compte du Chapitre d'Autun par Pelletier, Notaire à Autun indique que

"un prés.. du moulin tenant du long.. et des moulins et fouloys de manay "


Au XVIII ième, le Moulin de Marnay appartient au Comte de Loppin de Monfort, possesseur de Pensière.

En 1714, Lazare Choureau est meunier au Moulin de Marnay. A la même époque, le moulin de l'Etang-neuf est dirigé par Etienne Choureau celui de Jarles par François Choureau et celui du bourg par Philippe Choureau.

Génélogie Choureau

L'Abbé Charault rapporte un jugement du 6 septembre 1768 :

" Sur la plainte faite par les justiciables que Claude Gibassier, meunier demeurant à Marnay se sert de mauvaises mesures, qui ne sont pas contrôlés, ordre est enjoit audit Gibassier de se présenter sur le champ au Procureur d'office, avec l'écuelle dont il prend la mouture et avec son boisseau, pour être échantillonné et marqué de la matrice, à peine de 3 livres, 5 sols d'amendes. Sinon le Procureur pourra se transporter au moulin dudit Gibassier à effet de confisquer l'écuelle et le boisseau après ledit échantillonnage fait, et dans le cas ou il serait trop fort dont ce de quoi il dressera procès-verbal "


Vers 1757/1759, les moulins de Jarles et de Marnay et leurs étangs ne sont pas répertorié sur la carte de Cassini. S'étaient-t-ils arrêter de fonctionner ou s'agit-t-il d'un oubli ?

En 1789, plusieurs moulins - Marnay, l'Etang-Neuf à Alligny, Chaumard et celui de Pont à Luzy sont menacé de destruction par la confiscation des Biens Nationaux. Propriété du conte Loppin de Monfort, le moulin de Marnay est alors saisi mais il n'est pas mis en vente immédiatement. Certains savants affirmant que le recul des étangs devait faire reculer les maladies, le moulin de Marnay devait être détruit.

En 1790/93, la toiture des bâtiments est encore en paille.

En avril 1793 , un décret " sur les marais" paraît, en application duquel trois moulins du Haut Morvan nationalisé sont condamnés pour cause d'assèchement de leur étang : Marnay, La Tournelle (Arleuf) et Chaumard.

Normalement, ils ne peuvent plus être vendus.

Le 3 Thermidore an III ( 28/29 juillet 1795 ), notre municipalité ( Alligny ) donna au citoyen Bonamour les renseignements suivants :" Le Moulin de Marnay susdite commune appartient au ci- devant Monmort (ce Monmort est le comte Lapin de Monmort, possesseur de Pensière au XVIIIe siècle, est composé d'une maison qui fait le moulin, un battoir, une petite grange, une petite écrie et trois jardins, un prés  a  la levée d'environ quatre chars de foin, joignant ladite maison et un petit étang appelé l'étang de Creurcoux, lequel étang est situé au finage de Pensière, même commune. Quand au prés de la fabrique, il se nomme le prés des Ettraitées. L'on observe que ledit prés a été échangé environ 7 ou 8 ans contre l'ouche des prés dessus.  Ledit prés est d'environ d'un millier de foin, qui était affermé pour l'année 1790 la somme de quinze livres et le champ le somme de dix-sept livres. Quand audit moulin de Marnay, les citoyens Claude Gibassier et Jean Bruley ont déclaré en présence de la municipalité qu'ils tenaient d'amodiation verbale ledit moulin la somme de 402 en argent pour l'année 1790 ...."

Source Abbé Bruneau

Le Moulin de Marnay figurent sur le terrier (cadastre) de 1779 ainsi le que le Moulin de la Vieille Chaussée.

Cependant, la République en guerre a bientôt besoin d'argent et le 9 Messidor de l'an IV (27 juin 1796) une commission visite le Moulin en vue de sa vente :

"Ledit moulin est consiste en une chambre à  feux, l'atelier dudit moulin en ladite chambre, un toit à pourceaux y attenant, une écurie, grange le tout couvert de paille, deux petits jardins aisances, un prés de la contenance d'environ quatre chars de foin ... Nous avons observé que les bâtiments sont en très mauvais état et ont besoin de réparations urgentes "

D'autres sources supposent que les revendications des paysans ont contribué à sauver le moulin

Le Moulin est vendu le 14 Messidor An IV (2 juillet 1796) à 8500 livres à Perrrau. Le fermage est évalué à 450 livres.

Début XIX iéme siècle, l'Abbé Bruneau note :

" Plus en avant dans la gorge du village, se trouve le quatrime moulin qui était banal pour tous les justiciables de Marnay, Pensiére, Chassagne et Guise".

L'axe de communication est alors Est/Ouest. Le chemin actuel de Chassagne au Moulin de Marnay existe encore. Aujourd'hui, la route est orientée Nord/ Sud.

A la fin de la Première République (1804), Loppin de Monfort est autorisé à revenir d'exil et tente de récupérer le Moulin ou du moins être indemnisé. L'affaire débouche sur un procès en 1806 par le meunier Bruley, gendre de Gibassier qui conteste un titre de propriété sur un près attenant au moulin.

En 1824, Loppin de Monfort est finalement indemnisé- 6500 F - pour le moulin dans le cadre du " Milliard aux Emigrés" .

L'Abbé Bruneau décrit le troisième moulin de la valle - l'ancien moulin des Chaumes - entre le moulin de Jarles et de Marnay :

"Le troisième moulin date de 1852. Sur son emplacement était un étang dont la chaussée fut démolie il y a une cinquantaine d'année. "

Ainsi l'étang s'étendait en amont de l'actuel moulin de Marnay.

En 1850, le Moulin de Marnay est tenu par Jean Barbotte et sa femme Pierette Barbotte. Le Moulin de Marnay n'est plus alimenté par un étang mais un bief et dispose d'une roue. La puissance de la roue fait tourner une paire de meules.

Le cadastre de 1850 présente cinq ou six maisons sur le site du Moulin de Marnay. La route actuelle entre le Moulin de Jarles et de Marnay n'est pas construite. Le moulin de Jarles est désigné sous le nom de moulin de Gerlé.

En 1860, la route Alligny-Lucenay est pavée.

En 1882, Jean Barbotte est encore au moulin de Marnay. Equipé d'une grange et d'une écurie, la puissance de la roue fait tourné une paire de meule dans une pièce de 25 mètre carré: valeur de 4300 francs. Jean Barbotte décède le 20 janvier 1918. Son fils Claude Barbotte lui succède alors.

En 1905, cinq moulins situés sur la commune d'Alligny continuent à  moudre : La Chaume (Fétigny), Chamcommeau, l'Etang-neuf, Jarles et Marnay.

Lors de la Premième Guerre 1914/1918, le moulin de Marnay est arrêté pour cause de mobilisation du meunier.

Philomène Pierrette Louise Barbotte mariée à Léger Pitois habite de la propriété et la revend le 11 mai 1922 à Gonzaque Pelletier de Chambure et Julie Maria Auguste Balicq de Sciry.

Le moulin est affermé à Charles Pitois marié  à Léontine Maitre de novembre 1922 à  1926 au terme du bail.

Une carte postale antérieure à 1924 montre le Moulin de Marnay sur deux niveaux.

La roue en fer fabriqué à Cercy la Tour par Gonin sera posée en 1916.

Philippe Branlard (17 avril 1867, 30 janvier 1926) domicilié à Cuzy achète le moulin le 21 juin 1924 pour son fils Augustin Branlard au Comte de Chambure, propriétaire du Château de la Chaux au prix de 40 000 francs. La vente est réalisé par devant Me Adnot, notaire à Moux. Le meunier locataire est Charles Pitois.

" Grande maison d'habitation à coté dud. moulin, comprenant cinq pièces au rez-de-chaussée, grenier dessus, toits à  porc et à volailles, par arrière. "

Acte de vente de 1924

Les travaux d'agrandissement de moulin date de 1924/26 et donne la configuration actuelle des bâtiments. En 1870, Wegmann avait inventé le système des cylindres pour l'obtention d'une farine de meilleure qualité En 1926, Philippe Branlard décède sans avoir fini les travaux de rénovation du moulin. De 1926 à 1934, un meunier " locataire gérant " Guillemenot - Père de M. Guillemenot du Moulin Caillot et cousin germain d'Augustin Branlard, - s'installe au moulin.

Augustin Branlard et sa femme Camille Caillot arrivent au moulin de Marnay en novembre 1935 à  expiration du bail.

Entre 1928 et 1935, un système très complexe de contingentement du blé est mis en place.

Le meunier devait déclarer un certain nombre de quintaux de blé par mois à  l'Office des Blé.

Lors de la seconde guerre mondiale, le moulin qui produit alors 200 quintaux de farine, est réquisitionné par la municipalité.

Pendant l'Occupation, Augustin Branlard revient au moulin qui connaît alors une activité particulière. De nombreux citadins ayant fuit les villes (Paris) ou des lieux stratégiques (Le Creusot) se retrouvent dans le Morvan. Le meunier moud pour ces populations exilés mais aussi pour les maquis présents dans le massif.

André Mieville, résistant raconte "Le maquis Bernard" de P. Ducroc les début du maquis à Moux.

"Au début 1943, j'ai commencé ma résistance en Côte d'Or par des contacts avec le D. Roclore à Saulieu. Bientôt les réfractaires arrivèrent de Nevers. Sur un emplacement au lieu-dit " les Ventes " dans le bois des Fiottes, je construisis et aménageai une cabane. Les gars s'y installèrent. Ma femme faisait le pain. Parmi les fournisseurs figuraient H Fragne pour la viande à Liernais et A. Branlard pour la farine au Moulin de Marnay".

Après la seconde guerre vient la période de rationnement, chaque habitant avait droit à trois quintaux de blé Un système de troc existe alors entre le meunier, les paysans et le boulanger : "Les blés d'échanges".

Le pont refait en 1947 permet le transport de farine en camion de plus gros tonnage.

En 1950, Augustin Branlard rachète les parts de ses frères et sœurs pour une valeur de 800 000 F.

Le système des" blés d'échanges" perdure encore dans les années 50. Avec 100 kg de farine, l'on peut faire 130 kilos de pain. Si l'agriculteur donne 100 kilogramme de céréale : Le cultivateur percevait alors directement du boulanger 100 kg de pain. Les 30 kilos restant étant vendu en boutique.

L'administration des impôts réforme alors le système pour percevoir des impôts indirects. Le contingentement du moulin est alors de 2012 quintaux l'an.

Dernier moulin en activité dans la vallée du Ternin, il s'est arrêté de moudre :

6 avril 1970 : Arrêt de la production de farine blanche comestible

1985/88 : Arrêt de la farine pour les animaux

En octobre 1998 : Décès de Augustin Branlard (Août 1904: Octobre 1998), dernier meunier au Moulin de Marnay.

2006: Ouverture du Gîte rural dans la maison du moulin.



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